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Sep 24 2010

L’eau rapporte de l’argent

Résumé du film Water Make Money suivi d’un débat :

Film très intéressant, similaire à « Solutions locales pour un désordre global »,mais axé exclusivement sur l’eau.
En effet, le film présente les 2 acteurs nationaux qu’on retrouve un peu partout ailleurs dans le monde, qui exploite la ressource naturelle eau.
Il s’agit du groupe Suez – anciennement Suez-Lyonnaise des eaux, et anciennement encore Lyonnaise des eaux – et du groupe Veolhia – anciennement Vivendi, et anciennement encore CGE ou Compagnie Générale des Eaux –
Ces deux acteurs privés se voient remettre depuis une trentaine d’années, par les municipalités des grandes villes, la gestion du réseau de distribution de l’eau désignée sous le vocable, un tant soit peu fallacieux de « PPP : Partenariat Public-Privé ».
Ceci a pour effets logiques :

  1. Augmentation du prix de l’eau puisque l’objectif d’une société privée est la course aux bénéfices pour la seule satisfaction des actionnaires
  2. En conséquence, la négligence de l’entretien des canalisations et des installations sur le long terme, car la visibilité des investissements du privé, même dans le cas de ce produit de consommation courante qu’est l’eau, est le court terme, au mieux, le moyen terme, soit entre 5 et 15 ans, en gros, cela correspond à la durée de la concession faite par la municipalité à la société exploitante !
    Donc, avec la dégradation des installations, on constate des fuites dans les installations représentant jusqu’à 40% dans le pire des cas, de la consommation totale facturée aux villes ou aux clients. Et là où un service public aurait réparé et entretenu ces installations sans même se poser la question, la société privée, elle, n’a pas intérêt à colmater les fuites, puisque l’eau est de toute façon facturée !
  3. Même si les municipalités sont censées garder un droit de regard sur la gestion de l’eau de leur ville faite par leur sous-traitant, dans les faits, la société privée s’accapare rapidement tous les savoirs faire, laissant démuni le client pour le suivi et le contrôle du sous-traitant.
  4. L’apparition d’avenants aux contrats initiaux, modifiant des clauses qui permettent à la société de gonfler les coûts, et de faire payer ses investissements par le citoyen, à travers les coûts.

Le film présente plusieurs grandes villes qui reviennent à une gestion de l’eau par les services public en France après 10 à 20 ans de recul et d’expériences avec le privé, soit en dénonçant, soit en ne renouvelant pas, les contrats. Il s’agit de Grenoble, de Paris, de Brest, et de plusieurs autres encore.
Il dénonce aussi l’escroquerie consistant en ce que la société Véolia ou Suez, propose un droit d’entrée conséquent et substantiel à la ville pour la reprise de la gestion de l’eau. Ce droit d’entrée présenté comme un généreux cadeau offert, se révèle en réalité un emprunt que la ville a souscrit auprès d’une société écran filiale du groupe, et qu’elle doit rembourser. La ville n’a donc pas d’autre choix que d’autoriser l’augmentation du prix de l’eau. Mais il s’agit là d’une opération démagogique trompeuse, car avec ce droit d’entrée, les villes souvent beaucoup endettées peuvent rembourser leurs dettes et investir dans de nouvelles infrastructures. Cela influence fortement l’électorat qui trouve alors que le maire en place se préoccupe bien de ses citoyens . . . sans que ceux ci ne réalisent qu’ils vont le payer avec leurs prochaines factures d’eau.
Les statistiques montrent des disparités allant jusqu’à 54% sur le prix de l’eau selon les villes. Les villes où l’eau est la plus chère sont : Paris, Bordeaux et quelques autres que j’ai oubliées.
On nous montre qu’il faut toujours plus traiter l’eau pour la rendre potable, car elle est de plus en plus polluée.
Ce qui est là aussi fallacieux au regard de l’exemple de la ville de Munich en Allemagne, qui a repris sérieusement les choses en main jusqu’à la source, et ainsi fait passer tous les éleveurs et agriculteurs autour de la ville de Munich à passer au bio, supprimant du coup tous les pesticides, antibiotiques, engrais, nitrates, hormones, médicaments, . . . etc, qui étaient au préalable présents dans les eaux et nappes phréatiques.

Et là je dis ah enfin le vrai problème est abordé ! Malheureusement, selon moi, le film ne s’est pas assez attardé sur cette question fondamentale. Car en effet, le problème n’est pas d’investir toujours plus dans des installations à la technicité de plus en plus grande, pour dépolluer. Il faut annihiler toutes les pollutions en amont. C’est la seule solution durable.
Même durant le débat très intéressant qui s’est suivi, cette question fut peu soulevée. J’avoue ne pas avoir eu la présence d’esprit de prendre la parole et de dire que nous sommes tous responsables en continuant à manger de la viande et à consommer non bio.
Il a été soulevé, durant le débat, un projet d’aqueduc amenant l’eau du Rhône pour irriguer les vignes audoises, car le département présente un risque dans l’avenir de manquer d’eau. C’est hallucinant ! Là encore, c’est ce matin seulement que je réalise l’absurdité d’un tel projet. Car faudrait peut être commencer par se passer de son litron de rouge à chaque repas qui maintient une présence d’alcool dans le corps qui endort la conscience. Notre responsabilité est donc quasi totale dans toute cette histoire.
Coluche disait : « Quand on pense qu’il suffirait que les gens n’achètent plus de saloperies pour que ça ne se vende pas ! »

Suite à cela, il me vient une dernière réflexion par rapport aux projets de parcs éoliens et solaires :
Il est certain que ça va fonctionner pareil : Les villes partisanes du projet vont recevoir un gros droit d’entrée pour implanter ce parc, ainsi que des loyers mensuels ou annuels conséquents. Mais ce n’est pas un don, c’est toujours un prêt qui devra être remboursé. Alors comment sera remboursée cette somme ?
il sera sans doute difficile de faire le lien avec le prix de l’électricité qui va augmenter, puisque celui ci est national . . .

Voila.
J’espère que vous en savez maintenant un peu plus sur ce film que j’applaudis, car il a le mérite d’éveiller au problème du capitalisme, du libéralisme et de la responsabilité.

Bon avenir à vous.