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Avr 04 2013

Chypre : Une odeur de gaz …

CHYPRE: Une ile d’une importance géostratégique
Chypre  est une ile rocheuse, dont le principal intérêt au cours des siècles, a été sa position géographique au cœur de la Méditerranée Orientale. Tous les peuples dominants ont conquis l’ile tour à tour. Mycènes (13e s AC), phéniciens (10e s AC), Assyriens (8e au 6e AC), Egyptiens (6e AC), Perses (6e au 4e AC), Grecs, etc. Pendant les croisades en 1192, Richard cœur de Lion conquit Chypre, qu’il vendit à l’ordre des Templiers. Chypre était une étape pour la traversée par mer vers la Terre Sainte et une place forte dans le commerce avec l’Orient, entre Empire byzantin, pirates barbaresques et richesses de l’Orient. La dynastie franque des Lusignans y régna jusqu’en 1489 avant de passer sous domination vénitienne, puis ottomane. En 1878, l’Empire Ottoman a donné Chypre en bail à la Grande Bretagne. Pour ceux qui ont lu « l’Histoire de l’Argent« , il est amusant de constater que cela correspond très précisément à l’année où la Banque d’Angleterre impose son hégémonie monétaire avec l’Étalon Or.
Aujourd’hui, l’importance géo-stratégique de Chypre est de nouveau révélée. C’est une des clés du Proche-Orient, entre Syrie, Turquie, Liban, Israël et l’Égypte.
La Russie aimerait y abriter une partie des bâtiments de sa flotte en Méditerranée, plutôt que de la concentrer dans les ports syriens.
Chypre une forte odeur de gaz
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Manœuvres Navales Russes
En janvier, la marine russe a concentré en Méditerranée, des unités provenant de ses quatre flottes (Nord, mer Noire, Baltique et Pacifique) dans le cadre d’importantes manœuvres aéronavales. Devaient notamment participer à cet exercice le croiseur lance-missiles Moskva, différents destroyers et frégates (types Kashin, Udaloy, Neustrashimiy, Krivak), ainsi que plusieurs bâtiments de débarquement de chars du type Ropucha. Ces unités de combat sont accompagnés d’importants moyens auxiliaires, pétroliers-ravitailleurs et remorqueurs de haute mer. La flotte évoluera notamment en Méditerranée orientale, non loin de la Syrie, pays où elle dispose d’un point d’appui à Tartous. 
« Cette région est très importante pour les intérêts géopolitiques de la Russie, y compris parce qu’elle abrite une base d’entretien et de ravitaillement de bâtiments de guerre russes à Tartous. Ce n’est pas sans raison que cette région a été choisie pour accueillir des exercices navals », a expliqué à l’agence de presse RIA Novosti un responsable de l’état-major général russe.
A proximité immédiate de la Syrie, à 100 km, Chypre dispose de ports en eaux profondes, qui permettraient à la Russie de dominer cette zone géostratégique de première importance, sans pouvoir être contrecarrée dans ses déplacements par le passage des détroits, Bosphore et Dardanelles contrôlés par les turcs et Gibraltar par les anglais.
A Chypre, les forces anglaises disposent de deux bases militaires en rouge sur la carte, que vous pouvez voir en grand ici. Les zones en gris entre la zone turque et la République de Chypre (grecque) est gardée par un contingent de casques bleus de l’ONU depuis la fin de la guerre turco-grecque de 1974.
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A l’heure où François Hollande déclare à la télévision, que la France va intervenir pour armer et soutenir les rebelles syriens…  ce que la France fait depuis une année pleine, puisqu’elle a formé, encadré, armé et assuré le soutien logistique de ces mercenaires d’Al Quaida dés la fin de la guerre en Libye…  il est important pour les russes de renforcer leur assise en méditerranée orientale.
Cela se négocie en ce moment même.

Chypre: Géostratégie

Une odeur de gaz
En 2010, Israël lance un énorme pavé dans la mare, en l’occurrence la Mare Nostrum, c’est à dire la Méditerranée et plus particulièrement la Méditerranée Orientale. En effet, Israël annonce avoir découvert de gigantesques réserves de gaz naturel au large de leurs côtes. A 135 km du port d’Haifa, par 4.800 mètres de fond, ce gisement, qu’ils ont appelé  « Léviathan » en référence au monstre sous-marin biblique. Trois compagnies d’exploration pétrolières israéliennes associées avec la compagnie Texane Noble Energy annoncent avoir découvert une poche de 16.000 milliards de mètres-cube de gaz, soit la plus grosse découverte de ces dix dernières années en matière de réserves en eaux profondes. Ce gisement seul suffirait à combler la demande d’Israël pour les 100 années à venir. La théorie du « Peak-Oil » cher aux compagnies pétrolières américaines pour faire monter les prix de l’énergie prend du coup un sérieux coup dans l’aile.
L’année précédente, Noble Energy avait découvert un premier gisement, appelé Tamar,  à seulement 80 km d’Haifa, dont les réserves étaient évaluées à 8.000 milliards de mètres cubes d’un gaz d’excellente qualité. Tamar a lui seul multipliait les réserves énergétiques d’Israël par 5, au moment où le gouvernement s’inquiétait du fait que leur principal champ gazier n’avait plus que 3 ans de réserve.
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Cette carte révèle l’état des lieux en 2010 
et laisse déjà présager des tensions à venir dans la région 
L’USGS, dés lors, a estimé que l’ensemble de la Méditerranée Orientale entre Égypte et Grèce, Turquie, Syrie et Israël  représentait 3,4 milliards de barils de pétrole et 345.000 milliards de mètres-cube de gaz. Pour mieux comprendre, le volume que cela représente, la plus grosse réserve de gaz connue est le Bassin de Sibérie Occidentale, qui représente 643.000 MMC.
En 2009, du fait de l’épuisement de ses réserves connues en gaz, Israël était très inquiet des attentats répétés sur le gazoduc traversant le Sinaï en provenance d’Égypte, car ce dernier couvrait 40% de ses besoins énergétiques. La sécurisation de ses approvisionnements est alors passé au premier plan de ses priorités et de sa politique étrangère. Il est probable que l’organisation du « printemps arabe » a été élaboré pour ce motif.
Dès la découverte du gisement de Tamar et plus encore lorsque Léviathan a été mis à jour, le Liban a protesté auprès des Nations Unies, pour défendre ses droits aux réserves sous-marines dans ses eaux territoriales. Or pour le gouvernement libanais, Tamar est dans ses eaux territoriales. Israël pas plus que les États Unis n’ont ratifié la Convention de l’ONU à ce sujet. Pour corser le problème, Obama a appuyé la position du Liban contre Israël. Ce dernier a immédiatement poussé les plus grosses fortunes américaines (ou israélo-américaines comme le nabab des casinos de Las Vegas, Sheldon Adelson) à soutenir financièrement les républicains dans la campagne présidentielle américaine.
Ceci expliquant cela, dés sa ré-élection, Obama a entrepris une chasse aux sorcières. Des scandales successifs (montés de toutes pièces) ont permis de chasser du pouvoir les soutiens d’Israël au sein du Pentagone, de la CIA et des différentes administrations américaines. Hilary Clinton, elle même, a été démise de ses fonctions au Ministère des Affaires Étrangères le premier février 2013.
La crise grecque
Dés 2009, la Grèce a lancé une vaste campagne d’exploration de ses ressources pétrolières et gazières à l’intérieure de ses eaux territoriales, ce qui n’avait jamais été fait auparavant. Les premières découvertes ont montré que les richesses minérales de la Mer Égée et de la Mer Ionienne seules étaient considérables, permettant d’effacer totalement la dette du pays. Or il restait à explorer l’essentiel de  l’immense territoire maritime grec notamment autour de la Crète. Les banquiers du FMI, de la BCE et de la World Bank au service des chacals et des vautours du Cartel des pétroles, ont utilisé tous les moyens à leur disposition pour couper la Grèce du marché financier, provoquant la crise à laquelle on assiste depuis deux ans. Le seul objectif pour les banquiers est de forcer le gouvernement grec à brader leurs droits sur ces immenses réserves de gaz et de pétrole.
Guerre en Libye
Le renversement de Khadafi par les forces anglo-françaises en 2011, utilisant des mercenaires d’al quaida payés par le Qatar, outre le côté monétaire que l’on connait, visait à une redistribution des réserves énergétiques du pays. Celles-ci sont à la fois sur terre et dans les fonds de la Méditerranée. Des explorations, notamment de la société Mediterranean Oil & Gas, ont prouvé que les poches de gaz vont des côtes libyennes jusqu’aux côtes italiennes.
Guerre en Syrie
Les tentatives de déstabilisation du régime de Bassar El Assad dés la fin de la guerre en Libye, par les forces franco-anglaises formant, armant et encadrant les mercenaires d’Al Quaida au départ des bases de l’Otan en Turquie ont très clairement pour objectif le contrôle du gaz. D’une part, de très nombreux gazoducs et oléoducs en provenance d’Iran et d’Irak traversent la Syrie, d’autre part, la Turquie et le Qatar ont un gros projet, qui passe par la Syrie.
Les prévisions de croissance industrielle de la Turquie vont l’amener à doubler sa consommation énergétique. Pour s’alimenter en gaz, la Turquie a peu de choix. Dans le Monde, il y avait jusqu’à présent 3 gros fournisseurs de gaz: La Russie avec 25% des réserves mondiales, l’Iran 15% et le Qatar 15%. La Turquie ne voulait pas être plus dépendante de la Russie et a envisagé de traiter avec le Qatar. Pour cela, il fallait créer un gazoduc, qui aurait du passer soit par le Kurdistan, toujours en ébullition et donc dangereux, soit par la Syrie.
Or la Syrie de Bachar al Assad était proche de Moscou, qui n’aurait pu regarder d’un mauvais œil de laisser la Turquie s’approvisionner au Qatar. Il fallait donc se débarrasser de Bachar Al Assad. Rajoutez à cela des intérêts privés de certains banquiers, dans des compagnies pétrolières et gazières turques…
La découverte des immenses gisements gaziers en Méditerranée orientale laissait supposer que l’espace maritime au large de la Syrie était tout aussi riche que celui d’Israël ou du Liban. Il devenait donc essentiel de mettre en Syrie un chef d’état plus souple vis à vis des intérêts occidentaux et surtout de scinder le pays en petits états, sans aucun pouvoir politique, pour mieux maîtriser cette région. C’est à cela que l’armée française, qui cherche à retrouver sa place dans la région. Au lendemain de la guerre de 14-18, le Traité de Sèvres donnait à la France l’administration de la Grande Syrie (Syrie-Liban) et à la Grande Bretagne la Palestine et la Mésopotamie.
Au Grand Dam des stratèges anglo-français et turcs, la Russie s’est invitée sur l’échiquier, interdisant à l’OTAN d’intervenir en Syrie et imposant leurs propres forces de maintien de la paix à la conférence de Genève. De son côté, l’Iran a envoyé ses commandos d’élite pour aller guerroyer contre les forces mercenaires d’Al Quaida, leur infligeant de lourdes pertes.