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Comment l’Islande a détourné sa jeunesse des drogues

 
 

Instaurer un couvre-feu, faciliter la pratique artistique ou sportive, comprendre la chimie du cerveau des enfants : c’est le triple engagement qui a contribué à faire considérablement reculer la toxicomanie en Islande.
Quelques explications vont vous éclairer sur cette méthode islandaise, que certains qualifieront de peu orthodoxe.
Quoi qu’il en soit, il faut lui reconnaître une efficacité remarquable, jamais vue à l’échelle d’un pays !

Comment l’Islande a détourné sa jeunesse des drogues, alcool et tabac ?

Peu avant 15 heures, par un vendredi après-midi ensoleillé, le Laugardalur Park près du centre de Reykjavik, semble pratiquement désert. On y croise de temps à autre un adulte avec une poussette, le parc est entouré d’habitations. L’école est finie, mais alors… où sont tous les enfants ?

Nous marchons un peu, avec Gudberg Jónsson, un psychologue local, et Harvey Milkman, un professeur de psychologie américain qui enseigne pour une partie de l’année à l’Université de Reykjavik.

Gudberg nous dit : « il y a vingt ans, les adolescents islandais étaient parmi les plus le gros buveur d’alcool d’Europe. » Milkman ajoute : « on ne pouvait pas marcher dans les rues du centre-ville de Reykjavik le vendredi soir sans se sentir en danger (…) Il y avait des hordes d’adolescents ivres qui vous interpellaient. »… mais ça c’était avant.

A quoi est occupée la jeunesse islandaise aujourd’hui ?

Nous arrivons devant un grand bâtiment. « Et ici, nous avons le patinage sur glace couvert », dit Gudberg. Quelques minutes auparavant, nous avons passé deux salles dédiées au badminton et au ping-pong. Ici, dans le parc, il y a aussi une piste d’athlétisme, une piscine chauffée par géothermie. Enfin, on aperçoit quelques enfants jouant avec enthousiasme au football sur un terrain synthétique.

Les jeunes ne sont pas dans le parc à traîner en ce moment, explique Gudberg, parce qu’ils sont en activité périscolaire dans ces différents lieux dédiés au sport, ou dans des clubs pour pratiquer la musique, la danse… ou bien ils peuvent être en sortie avec leurs parents.

Des résultats impressionnants

Aujourd’hui, l’Islande est en tête de liste des pays européens pour les adolescents ayant la vie la plus saine. La proportion des 15-16 ans ayant été ivres au cours du mois précédent était de 42% en 1998, elle a chuté à 5% en 2016. Sur la même période, le nombre de consommateurs de cannabis a baissé, passant de 17% à 7% ; et le nombre de fumeurs de cigarettes réguliers a reculé de façon spectaculaire, avec une chute de 23% à seulement 3% !

Pour parvenir à ce résultat remarquable, l’Islande s’est basée sur des preuves solides mais a également user de bon sens. « Cette étude sur le stress dans la vie des adolescents est la plus remarquable et la plus poussée que je n’ai jamais vu », dit Milkman, « je suis impressionné par la façon dont tout fonctionne.»

 

Peut-on exporter la recette islandaise ?

Milkman fait valoir que s’il était adopté dans d’autres pays, le modèle islandais pourrait bénéficier au bien-être général, psychologique et physique de millions d’enfants ; sans parler des bénéfices pour la société en général et pour les finances des systèmes de santé en particulier.

Milkman a fait parti d’un groupe de chercheurs mis en place par l’Institut national américain sur l’abus des drogues. Lui et d’autres, avaient pour tâche de répondre à des questions telles que :

  • Pourquoi les gens commencent à utiliser les drogues ?
  • Pourquoi continuent-ils ?
  • Quand atteignent-ils le seuil d’abus ?
  • Quand cessent-ils la prise ?
  • Et quand rechutent-ils ?

Pourquoi commencent-ils ? « Eh bien pour les collégiens, il y a la disponibilité, ils sont preneurs de risques, il y a l’aliénation et parfois aussi une dépression.»

Mais pourquoi continuent-ils ? « J’en suis arrivé à la question du seuil d’abus (…) il se pourrait que les ados soient sur un mode d’abus avant même qu’ils soient en prise avec le produit, car il est dans leurs habitudes de faire face aux excès.»

Au Metropolitan State College de Denver, Milkman a joué un rôle dans le développement de l’idée que : les gens s’adonnent à modifier la chimie dans leur cerveau. Les enfants consommateurs réguliers, courent après un « rush » – qu’ils obtiennent en volant des enjoliveurs et des radios et, plus tard, des voitures; ou avec des médicaments stimulants. Bien sûr, l’alcool modifie également la chimie cérébrale. C’est un sédatif qui agit d’abord sur le cerveau, pouvant éliminer les inhibitions et réduire l’anxiété, à des doses limitées.

Les gens peuvent devenir accro, que ce soit à la boisson, aux voitures, à l’argent, au sexe, aux calories, à la cocaïne… L’idée de la dépendance comportementale est devenu notre marque de fabrique.

Cette idée a donné naissance à un autre : « Pourquoi ne pas orchestrer un mouvement social autour des pics naturels obtenus par certains dans la chimie de leur cerveau, car il semble évident que les gens veulent changer leur conscience, sans les effets délétères de la drogue.»

Une précédente expérience qui a démontré son efficacité

En 1992 à Denver, l’équipe de Milkman avait obtenu une subvention gouvernementale de 1,2 M $ pour son Project Self-Discovery. Des adolescents se sont vus proposé de vivre des « rush » naturels en alternative aux drogues et aux actes de délinquance. Enseignants, conseillés et infirmières scolaires étaient impliqués. Ces enfants de moins de 14 ans ne considéraient pas avoir besoin d’un traitement, mais ils avaient des problèmes liés aux stupéfiants et la petite délinquance.

Nous ne leur disions pas qu’ils venaient pour un traitement. Nous leur avons dit que nous allions leurs apprendre tout ce qu’ils voulaient apprendre. Musique, danse, hip hop, l’art, les arts martiaux… L’idée était que ces différents ateliers pourraient fournir une variété de modifications dans la chimie du cerveau des enfants, et de leur donner ce dont ils ont besoin pour mieux faire face à la vie.

Sur le même laps de temps, les enfants ont obtenu des compétences de vie mettant l’accent sur la connaissance de soi, la réflexion sur leur vie, et la façon dont ils interagissent avec d’autres personnes. Globalement, la prévention sur les stupéfiants ne fonctionne pas, car personne n’y prête attention. Ce qui est nécessaire, ce sont les compétences de vie pour agir sur cette information, d’après Milkman.

Les enfants se sont engagés pour un programme de trois mois… certains sont restés cinq ans. 

Pendant ce temps-là en Islande

En 1991, l’Islande s’intéresse aux travaux de Milkman, à ses idées et ses conclusions ; pour son premier centre résidentiel de traitement de la toxicomanie pour adolescents. Un centre conçu autour de l’idée d’offrir aux enfants islandais la possibilité de faire de meilleures choses dans leur vie. Cela a attiré l’attention d’une jeune chercheuse à l’Université d’Islande, appelée Inga Dóra Sigfúsdóttir, qui pose alors la question suivante :

Pourrait-on utiliser des alternatives saines aux drogues et à l’alcool, non plus pour traiter des enfants ayant des problèmes, mais pour éviter que d’autres ne se tournent vers la boisson ou les stupéfiants ?
Une vaste enquête chez les jeunes : des résultats alarmants

En 1992, les jeunes de 14, 15 et 16 ans dans chaque école d’Islande ont rempli un questionnaire. Ce processus a ensuite été répété en 1995 et 1997 :

  • Avez-vous déjà essayé l’alcool ?
  • Si oui, quand avez-vous bu votre dernier verre ?
  • Avez-vous déjà été en état d’ébriété ?
  • Avez-vous essayé la cigarette ?
  • Si oui, à quelle fréquence fumez-vous ?
  • Combien de temps passez-vous avec vos parents ?
  • Avez-vous une relation proche avec vos parents ?
  • Quel genre d’activité pratiquez-vous ?

Les résultats de ces enquêtes à l’échelle nationale étaient alarmants, un quart des ados fumaient tous les jours et plus de 40 % avaient bu au cours du mois passé.

Mais quand l’équipe a fouillé dans les données, elle a pu identifier précisément quelles écoles avaient les pires problèmes et celles qui en avaient le moins. Leur analyse a révélé des différences claires entre la vie des enfants disant avoir déjà bu, fumer ou pris de la drogue, comparé aux autres enfants abstinents. L’équipe a mis en évidence les facteurs de protection forts que sont :
la participation à des activités, surtout le sport, pratiqué trois ou quatre fois par semaine
le temps total passé avec les parents au cours de la semaine
se sentir cadré à l’école
ne pas être à l’extérieur en fin de soirée

Un plan ambitieux mis en place à l’échelle nationale

En utilisant les données de l’enquête et les connaissances issues de la recherche, y compris celles de Milkman, un nouveau plan national a été progressivement introduit.
Les lois ont été modifiées. Il est devenu illégal d’acheter du tabac pour les moins de 18 ans ou de l’alcool pour les moins de 20 ans. La publicité pour le tabac et l’alcool a été interdite.
Les liens entre les parents et l’école ont été renforcées. Des représentations de parents, rendues obligatoires par la loi, ont été mises en place dans toutes les écoles. Des conseils d’école avec les représentants des parents ont lieu.
Les parents ont été sensibilisés sur ces choses importantes : – passer des moments de qualité avec leurs enfants – discuter avec eux de leur vie d’enfant – savoir qui sont les amis qu’ils fréquentent – passer les soirées en famille
Des mesures fortes pour accompagner les jeunes sur une autre voix

Un couvre-feu pour les ados. Par la suite, une autre loi a été adoptée interdisant aux enfants de 13 à 16 ans d’être dehors après 22 heures en hiver et après minuit en été. Une mesure toujours en vigueur aujourd’hui.

Un gros effort budgétaire pour les activités sportives et culturelles. Le financement public a été augmenté pour les pratiques sportives encadrées, la musique, l’art, la danse et autres clubs. Cela permet aux enfants de se sentir bien dans un groupe, de se sentir bien tout simplement, sans l’artifice de l’alcool ou de la drogue. Les enfants issus de familles à faible revenu ont reçu une aide leur permettant de prendre part à ces activités, sous la forme d’une carte de loisir d’une valeur de 35 000 couronnes, soit 280 € par an et par enfant, pour payer pour les activités de loisir.

Des résultats suivis en nette amélioration

Les enquêtes se sont poursuivies chaque année. Presque tous les enfants d’Islande l’effectuent. Des données fiables et mises à jour sont donc toujours disponibles. Ainsi, entre 1997 et 2012 :
la proportion d’enfants de 15 et 16 ans déclarant passer souvent du temps avec leurs parents en semaine a doublé, passant de 23 à 46 %
le nombre de participants à des sports encadrés au moins quatre fois par semaine a également doublé, passant de 24 à 42 %
toujours sur la même période, le tabagisme, l’alcoolisation et le cannabis ont considérablement reculé dans ce même groupe d’âge

L’interprétation est très claire : des facteurs de protection en augmentation et des facteurs de risque en recule ont permis de faire chuter le recours aux substances récréatives, de façon plus concrète en Islande que dans tout autre pays européen.

Des jeunes en Europe testent le programme en 2006

Des jeunes en Europe ont pu tester la méthode islandaise proposé par certaines municipalités, pas de plan au niveau national comme pour l’Islande. La première année, huit villes ont participé au programme. À ce jour, 35 y ont pris part, dans 17 pays, comme à Tarragone en Espagne, où 4 200 jeunes de 15 ans sont impliqués.

La méthode est toujours la même : un questionnaire avec les mêmes questions de base que celles utilisées en Islande ainsi que des questions supplémentaires liées aux pratiques et coutumes locales. Par exemple, le jeu en ligne a récemment émergé comme un gros problème dans quelques régions, et les responsables locaux veulent savoir si il est lié à d’autres comportements à risque.

Deux mois après que les questionnaires soient retournés en l’Islande, l’équipe renvoie un rapport initial avec les résultats, ainsi que des informations comparatives avec d’autres régions participantes. 

Des causes universelles aux addictions

L’équipe a analysé près de 100 000 questionnaires provenant d’endroits aussi éloignés que les îles Féroé, Malte et la Roumanie, ainsi que la Corée du Sud et très récemment, Nairobi et la Guinée-Bissau. Globalement, les résultats montrent que la consommation de substances intervient chez les adolescentes, avec les mêmes facteurs de protection et de risque identifiés en Islande.

Aucun autre endroit n’a obtenu de résultat aussi probants que ceux observés en Islande, mais nulle part ailleurs n’a été mis en place un « couvre-feu » pour les ados, une mesure très sensible dans l’opinion, une mesure qui demande un courage politique certain…

Même la Suède rit et appelle ça le couvre-feu de l’enfant !

Il y a des choix difficiles à mettre en place. Mais une loi qui permet à des milliers d’enfants d’éviter d’être en prise aux addictions, est-elle plus liberticide qu’elle n’est libératrice ? Et puis, finalement vous en conviendrez : ce « couvre-feu » est en vigueur dans bien des familles où les enfants sont à la maison avant minuit l’été ou 22h l’hiver.

A chacun de voir, en attendant les enfants islandais font du sport, ont accès à la culture, passent plus de temps en famille… et s’en portent bien, mieux que partout ailleurs en Europe.

Retrouvez l’intégralité du texte en anglais « How Iceland Got Teens to Say No to Drugs »

 
 

Mots de passe : Clés pour garder vos secrets bien au chaud

Pour commencer, il faut savoir que je ne suis pas un expert de la sécurité. Je sais, j’en vois déjà qui commence à sourire puisque je dis à tout le monde et au bout d’un certain temps, on ne me croit plus! Non, je ne suis pas un expert de la sécurité : je ne suis pas un technicien de la sécurité! Ne me demandez pas comment fonctionne tel ou tel protocole, comment on fait pour hacker quoique ce soit, comment faire pour sniffer un réseau voire même à quoi ressemble une adresse IP (bon là, j’exagère un poil mais pas tant!), je n’en sais rien! Ma connaissance est exclusivement due à mon expérience autour des projets que j’ai pu mener. Tout ça pour dire que jamais je ne vous parlerai d’un sujet hyper technique.

Le sujet du jour est les mots de passe. On dit toujours qu’il faut changer un mot de passe régulièrement. On dit aussi qu’il faut qu’il soit robuste. Mais ça veut dire quoi? Et pourquoi? Quels sont les moyens pour découvrir un mot de passe?

découvrir un mot de passe

il y 3 façons de le chercher : la force brute, la méthode du dictionnaire et l’ingénierie sociale.

La force brute est la plus simple des recherches et c’est celle qui donne un résultat assuré si on a du temps (beaucoup de temps parfois). La technique consiste tout simplement à jouer toutes les combinaisons possibles du mot de passe jusqu’à obtenir la bonne combinaison de caractères.

La méthode du dictionnaire nécessite une base de mots de passe possibles. La méthode consiste alors de jouer tous les mots du dictionnaire jusqu’à obtenir la combinaison recherchée. Bien évidemment, si la combinaison recherchée ne fait pas partie du dictionnaire, il n’y a aucune chance de retrouver le mot de passe. Cependant, ces dictionnaires sont réalisés sur une base de mots de passe communs : statistiquement, il y a de très fortes chances de retrouver le mot de passe d’une majorité d’utilisateurs.

Enfin, l’ingénierie sociale consiste à mener une enquête sur l’utilisateur afin d’obtenir des informations liées à ses activités, sa famille et autres pour obtenir de nouvelles possibilités de mots de passe.

J’en vois déjà qui sont en train de faire des gros yeux et qui me disent que les sites web n’autorisent en général pas la possibilité de jouer plus de X mots de passe. Et par conséquent, la découverte du mot de passe est difficile. Il faut alors se rappeler que les mots de passe sont en général aussi stockés sur l’ordinateur qui l’utilise. Heureusement, le mot de passe n’est pas en clair mais il a une empreinte. Il est alors simplement nécessaire de jouer toutes les combinaisons de mot de passe jusqu’à retrouver l’empreinte exacte du mot de passe.

changer un mot de passe régulièrement

Plus vous changez de mot de passe, plus vous limitez le risque que votre mot de passe soit réutilisé en cas de découverte à un instant donné et plus il faudra recommencer la procédure de recherche. C’est le principe des authentifications dites fortes où on vous donne un mot de passe « aléatoire ». Plus la fréquence de renouvellement du mot de passe est importante, plus le délai de calcul pour découvrir le mot de passe est faible (cas de l’authentification forte) et plus la possibilité de rejouer ce mot de passe est alors faible.

Attention cependant à ne pas tomber dans un travers fréquemment rencontré : parce qu’il faut changer de mot de passe régulièrement, on a tendance à rendre celui-ci beaucoup moins robuste pour s’en rappeler.

jouer sur la robustesse du mot de passe

La plupart des personnes crée leur mot de passe comme ils le peuvent en utilisant les 26 lettres de l’alphabet. Je ne reviendrai pas sur le mot de passe lui même qui est très souvent assez prédictible puisque pas très recherché prénoms des enfants, le nom du chien ou du chat, ou encore du type « azerty » ou « password » et qu’il est si possible court puisqu’on est toujours assez paresseux quand il faut s’authentifier.

Aujourd’hui, la longueur moyenne des mots de passe est de 8 caractères. Un tel mot de passe propose 200 milliards de combinaison. Un ordinateur moyen étant capable de réaliser environ 100 milliards d’opérations par seconde (avec des caractéristiques graphiques, l’ordinateur pourra atteindre plus de 2000 milliards d’opérations), l’ordinateur de monsieur tout le monde sera capable de découvrir ce mot de passe en 1 seconde environ en effectuant une recherche par force brute. En utilisant une puissance de calcul beaucoup plus importante, le temps sera très largement réduit.

Maintenant, que se passe-t-il si on utilise à la fois les lettres minuscules et majuscules? C’est simple, le nombre de combinaisons va augmenter de façon significative : de 200 milliards de combinaisons, on passe à 50000 milliards de combinaisons. Il faudra un délai beaucoup plus significatif pour venir à bout de votre mot de passe : un peu plus de 4 minutes

On montre bien dans cet exemple que plus le nombre de caractères utilisés est important, plus le mot de passe est robuste. C’est pour ça qu’il faut aller encore plus loin dans les caractères utilisés : lettres minuscules et majuscules, chiffres, caractères de ponctuation et autres signes visibles sur votre clavier. En utilisant toute la palette des caractères disponibles, on arrive à obtenir environ 90 caractères soit 4 millions de milliards de combinaisons différentes soit plus de 6 heures de calcul non stop!

6 heures, ça peut paraitre beaucoup mais finalement, ça reste rapide à l’échelle humaine et encore bien plus si on utilise une puissance de calcul beaucoup plus importante comme celle proposée par les fournisseurs de cloud computing ou encore celle disponible dans un botnet.

Le nombre de caractères étant limité, il faut jouer sur la taille du mot de passe. Ajouter un caractère à celui-ci va tout simplement multiplier par presque 100 le nombre de combinaisons et donc le temps pour le craquer soit plus de 22 jours. Avec un tel mot de passe, il va commencer à falloir qu’il y ait un vrai intérêt pour s’attaquer à la recherche de la bonne combinaison… Et à chaque nouveau caractère, ce sera la même multiplication.

Le tableau plus bas présente le nombre de combinaisons en fonction du nombre de caractères. En complément, j’ai rajouté également le temps nécessaire pour que l’un des plus gros botnets de l’histoire (Rustock qui comptait environ un million d’ordinateurs) aurait besoin pour jouer toutes les combinaisons du mot de passe (puissance de calcul encore jamais égalée par un supercalculateur ou autre réseau).

Pour rappel, et à titre de comparaison, la terre a environ 4,5 milliards d’années et l’univers 15 milliards soit moins que le temps de résolution à l’heure d’aujourd’hui d’un mot de passe de 18 caractères.

Quand on voit que les recommendations courantes sur les sites web sont d’avoir un mot de passe de minimum 8 ou 9 caractères, ça fait peur… et ça montre le niveau de conseil des différents sites web!!!

Au-delà de 14 caractères, aujourd’hui, le mot de passe peut être considéré comme quasi introuvable.

un bon mot de passe

Pour conclure, un bon mot de passe passe sur l’utilisation de tous les caractères disponibles sur le clavier, prévoir une longueur d’au moins 13 caractères et que celui-ci ne corresponde pas à un mot d’une quelconque langue ou un surnom… aujourd’hui! Et oui, aujourd’hui uniquement parce que la puissance de calcul augmente de façon exponentielle : la puissance de calcul au niveau mondial est multiplié par 10 tous les 4 ans environ. Ceci signifie que dans 4 ans, on peut prédire que le plus gros botnet aura lui aussi multiplié sa puissance de calcul à peu près du même rapport. Le mot de passe de 13 caractères qui était recommandé devra se voir attribuer un nouveau caractère pour conserver une réputation de mot de passe infaillible.

Vue la taille des mots de passe, il va commencer à falloir soit d’avoir une bonne mémoire pour se rappeler de la chaine de caractères qui va servir de mot de passe soit il va falloir être plus malin. On parle de mot de passe mais rien ne dit qu’il faut le créer à partir d’un seul mot : on peut faire ce fameux mot de passe à partir d’une phrase que vous appréciez, que vous n’aurez pas de difficulté à retenir. Par exemple, on pourrait partir de la dernière performance du petit dernier avec la phrase « Tom a raté son bac en 2012. ». En reprenant, vos habitudes pour essayer de brouiller les pistes pour créer votre mot de passe, ça pourrait devenir « T0marat3$0nBac3n2012. ». Vous avez 21 caractères, l’utilisation d’une large gamme de caractères et il n’y a aucune chance que le mot de passe soit dans un dictionnaire et vous êtes tranquille jusqu’à la prochaine phrase qui vous passera par la tête.

Seb

Publié le 29 Août 2012 par Sébastien Roncin dans sécurité organisationnelle et humaine

 

Hérault : 250 policiers enquêteurs demandent le retrait de leur habilitation

Hérault : 250 policiers enquêteurs demandent le retrait de leur habilitation
Les policiers de l’Hérault sont en colère contre la nouvelle loi permettant à un gardé à vue de s’entretenir avec une personne extérieure.

Is dénoncent la nouvelle loi permettant aux gardés à vue de bénéficier de 30 minutes d’entretien avec une personne extérieure avant l’interrogatoire.

Selon nos informations, un collectif de policiers enquêteurs a adressé un rapport de demande de retrait de l’habilitation d’OPJ (officier de police judiciaire) de 250 agents au procureur général près la cour d’appel de Montpellier, jeudi 24 novembre après-midi.

 

Ce mouvement inédit de policiers en colère s’est structuré dans l’Hérault où il toucherait 75 % des OPJ (qui permet notamment de placer des suspects en garde à vue), provenant des services d’investigation comme les sûreté urbaine départementale, la Paf (police aux frontières) et le SRPJ.

Et cette colère se propage vitesse « Grand V » partout en France, dans le Gard, les P-O, Lyon ou Versailles. Il est à mettre en parallèle avec les manifestations spontanées des policiers depuis plusieurs semaines contre le manque de moyens et les violences à répétition dont ils sont la cible. Mais la problématique n’est pas la même.

Une loi allant « à l’encontre de l’enquête »

Ces policiers dénoncent les nouvelles conditions de garde à vue mises en place depuis le 15 novembre et la nouvelle loi (de lutte contre le terrorisme et la criminalité et le renforcement des garanties du justiciable), surtout sur un point. Une personne placée en garde à vue possède désormais un nouveau droit : celui de s’entretenir avec un tiers de son choix, par téléphone ou de visu, pendant 30 minutes, avant l’interrogatoire.

Certes sous la surveillance de l’OPJ qui doit également donner son aval. « Si évidemment, nous ne contestons pas les garanties de la défense dans un état de droit, nous pensons que certaines des dernières dispositions législatives vont à l’encontre de l’enquête et de l’intérêt des victimes qui représentent l’unique motivation de notre démarche » explique le collectif dans un communiqué.

Tout en se déclarant « apolitique et asyndical », le collectif précise : « Cette énième évolution de la garde à vue met en péril toutes nos enquêtes. Sachez que depuis le 15/11/2016, un an après les attentats de Paris et alors que la France est en état d’urgence, un terroriste peut s’entretenir avec une personne de son choix pendant une demi-heure ». Pour ces enquêteurs, leur travail va encore s’alourdir dans le contexte actuel.

« Le législateur avait promis et prétendu simplifier la procédure. En réalité, celle-ci ne cesse de s’alourdir et de se complexifier par nombre d’écrits et de paperasseries aussi redondants qu’inutiles, risquant d’engendrer toujours plus de vices de procédure et d’aboutir à la remise en liberté des délinquants ».

 
Source :
 

Le peuple microbien, le faux ennemi

« En sciences, les théories doivent reposer sur les faits et le raisonnement, et non pas par sur l’autorité et le dogme. »
Thomas Huxley (1860)

      Les germes (bactéries et virus) sont partout. Dans l’air que nous respirons, dans les aliments que nous mangeons, dans l’eau que nous buvons et sur tout ce que nous touchons. Nous y sommes constamment exposés mais, la plupart du temps, nous conservons une santé parfaite. Si les germes donnaient des maladies, pourquoi ne sommes-nous pas tout le temps malade ?

      Si les germes étaient la cause des maladies, pourquoi, dans ce cas, des millions de gens peuvent-ils porter en eux des germes de la grippe, de la tuberculose, du tétanos, des infections à staphylocoques et de nombreuses autres maladies, tout en restant parfaitement bien portants ? En Europe, pendant la dernière partie du 19ème siècle, pratiquement tous les citadins étaient infectés par le germe de la tuberculose, mais seule une infime partie tomba malade. Le New England Journal of Medicine signale que plus de 25 millions d’Étasuniens sont infectés par le virus de l’herpès, mais juste une minorité de ceux-ci développent des lésions génitales herpétiques. Au cours de l’épidémie de polio des années 50, des millions de gens étaient porteurs du virus de la polio, mais, là encore, à peine une infime fraction (moins de 1%) développèrent la maladie.

      Si les germes sont la cause des maladies, comment expliquer dans ce cas que, dans de nombreuses maladies soi-disant provoquées par un germe particulier, ce germe soit absent ? Sir William Osler, l’un des médecins les plus renommés de son temps, affirmait que le germe de la diphtérie était absent dans 28 à 40% des cas de diphtérie. Selon le diagnostic médical de Green, le germe de la tuberculose est souvent absent dans les premiers stades de la tuberculose. Des chercheurs en médecine ont noté que de nombreux cas de SIDA se produisent chez des gens qui ne montrent pas l’ombre d’un virus du SIDA. Alors, si l’on peut développer la maladie sans le germe, comment, dans ce cas, le germe pourrait-il en être la cause ?

      Le professeur René Dubos, le microbiologiste le plus renommé de son temps et qui fut cité par le journal Scientific American comme l’un des penseurs écologiques les plus influents du 20ème siècle, rejetait la théorie des germes et alla même jusqu’à dire, « Les virus et les bactéries ne sont pas la seule cause des maladies infectieuses, il y a autre chose. »

Pour aller plus loin (en anglais) :
Un modèle médical incorrect : la théorie des germes
Songe et mensonge de Louis Pasteur
Les virus

L’immunité, un mythe médical

      Du point de vue médical, l’immunité est l’état par lequel notre système immunitaire serait capable de reconnaître et de détruire les microbes à l’origine de maladies précises. Ainsi, par exemple, quand l’organisme est immunisé contre la rougeole, il est supposé que, si le corps entre en contact avec des germes de rougeole, le système immunitaire prendra des mesures immédiates pour les détruire, empêchant ainsi la rougeole de se déclarer. Ça sonne bien en théorie, mais ça ne marche pas en pratique.

      De nombreuses études ont montré que la rougeole, la rubéole, la diphtérie et d’autres maladies, peuvent toujours se déclarer chez des gens totalement immunisés. L’une de ces études a été publiée dans le Journal of the American Medical Association (en mai 1990) sous le titre « Rougeole bénigne et échec du vaccin secondaire contre la rougeole au cours d’une épidémie soutenue dans une population bien vaccinée. » Cet article explique que, « Les études sérologiques montraient constamment un taux élevé de séroconversion après la vaccination, avec persistance à long terme de la concentration d’anticorps… les données des dernières épidémies de rougeole montrent peu ou pas de baisse de l’immunité, un taux élevé d’efficacité du vaccin apparent. Toutefois, le nouvel incident épidémique soutenu dans la population scolaire très bien vaccinée était inattendu. » En d’autres termes, une épidémie de rougeole s’est déclarée chez des étudiants qui étaient totalement immunisés contre la rougeole.

      En réalité, un taux élevé d’anticorps (immunité) ne garantit pas la protection contre la maladie, comme le fait remarquer le médecin australien et chercheur en vaccin, Archie Kalokerinos, « Le taux d’anticorps sert à mesurer le degré de protection contre une maladie particulière, et les autorités disent toujours qu’il indique la protection, mais elle n’existe pas. Vous pouvez avoir des tonnes d’anticorps et aucune protection, ou vous pouvez n’avoir aucun anticorps et des tonnes de protection. »

La fausse prémisse vaccinale

      La vaccination repose sur la prémisse selon laquelle l’immunité est la seule protection contre les maladies infectieuses et, sans elle, si vous être exposé au germe d’une maladie, vous pouvez tomber malade et même mourir ! Ainsi, par exemple, si vous êtes exposé au virus de la polio sans être immunisé contre elle, vous pouvez contracter cette maladie et mourir. Ou, si vous ne mourez pas, vous pouvez développer une paralysie ou d’autres horribles complications.

      Eh bien, la vérité c’est que la majorité des gens non immunisés, contre le soi-disant germe spécifique d’une maladie n’attraperont pas cette maladie. Au cours de l’épidémie de polio des années 50, la revue médicale australienne (9 février 1952, p. 170) publia un article qui indiquait : « Quand un virus infectieux est introduit dans l’organisme d’une personne dénuée d’immunité préexistante, c’est seulement en de très rares occasions que le virus parvient à produire de graves dommages dans l’ensemble ou la plupart des cellules qui sont théoriquement prédisposées à ses actions. »

      En fait, quelques années plus tôt, le British Medical Council publia une étude (rapport n° 272 de mai 1950) montrant qu’il n’existe pas de relation entre le taux d’anticorps (immunité) et l’incidence de la diphtérie. Il fut constaté que beaucoup de patients diphtériques avaient un taux élevé d’anticorps (immunité), alors que de nombreux médecins, infirmières et amis qui étaient en contact permanent avec eux et avaient un taux d’anticorps faible (pas d’immunité), restaient pourtant parfaitement bien portants. Le Conseil déclara : « Certains des résultats obtenus étaient si inhabituels et inattendus, si contradictoires, voire paradoxaux, que l’étude, qui avait été initialement envisagée et mise en vigueur, devait être menée à son terme. »

      Le concept vaccinal repose sur la prémisse selon laquelle, immunisé, on est protégé et non immunisé, on n’est pas protégé. Ce n’est pas le cas.

Voir aussi (en français) :
Pourquoi les vaccins sont inefficaces
Quelques faits historiques montrant le danger et l’inutilité des vaccins

Immunité à vie ? Il n’existe rien de tel

      C’est un fait que la plupart des enfants qui contractent la rougeole, la varicelle, la rubéole et l’une des autres maladies infantiles ordinaires, ne contracteront plus jamais ces mêmes affections. Je n’accepte cependant pas la croyance ou la supposition que ce serait parce que ces maladies confèrent une immunité à vie, qui empêche de les contracter à nouveau.

      La rougeole, la varicelle, la rubéole et les autres maladies infantiles représentent une crise aiguë de désintoxication. Pour que le corps soit capable de mettre en œuvre une crise aiguë, il doit avoir la grande réserve de vitalité que possèdent la plupart des enfants. Malheureusement, au moment où la majorité des enfants deviennent adultes, leur réserve de vitalité est grandement diminuée, à cause surtout des mauvaises habitudes alimentaires, des médicaments, des vaccins, des poisons chimiques dans les aliments et l’eau, des polluants atmosphériques et des effets dépressifs de la peur, de l’inquiétude et des autres des émotions négatives. À l’âge adulte, peu de gens ont gardé la vitalité nécessaire pour installer une crise aiguë comme la rougeole ou la varicelle.

      Bien que l’adulte puisse encore avoir une crise de désintoxication, elle a le plus souvent la forme d’un rhume ou d’une grippe qui n’implique pas en général de fièvre et peut durer de quelques jours à quelques semaines. Chez l’adulte diagnostiqué de la rougeole, coqueluche, varicelle, etc, on constatera souvent que sa fièvre est inférieure de deux à trois degrés à celle d’un enfant affecté de la même maladie. C’est dû à la plus faible vitalité des adultes.

      Chez l’enfant dont la vitalité reste forte et qui n’a pas d’antécédents d’absorption de médicaments, aucune raison physiologique ne l’empêche de développer plusieurs fois la rougeole, la varicelle et les autres maladies infantiles, quand le niveau d’intoxication de son organisme dépasse le seuil de tolérance. Herbert Shelton, le praticien le plus renommé de l’Hygiénisme Naturel du 20ème siècle, a effectivement confirmé l’existence dans sa propre expérience clinique de cas de varicelle, de rougeole, etc, survenus deux, trois fois ou même plus souvent chez le même enfant.

La mémoire immunitaire ne suffit pas

      La capacité de notre système immunitaire à prendre des mesures défensives contre des antigènes (substances étrangères) ne peut pas dépendre uniquement de sa mémoire. Elle dépend bien plus de la force de la vitalité inhérente à notre corps. Une analogie simple permettra de clarifier cela.

      Prenez une équipe de football et faites-lui subir une séance d’entraînement épuisante de quatre heures cinq minutes avant le début de son match. À ce moment-là, au moment d’aller sur le terrain, ils seront toujours capables de reconnaître leurs adversaires, ils sauront toujours que leur but est de défendre et de les attaquer, mais leur aptitude à jouer ce rôle sera très affaiblie à cause de l’épuisement de leur énergie du fait des quatre heures d’entraînement. À cause de leur épuisement, ils seront plus que vraisemblablement débordés par leurs adversaires.

      C’est très similaire à notre système immunitaire et à la façon dont il s’acquitte de son rôle. Quand notre vitalité est forte, notre système immunitaire fonctionne avec une efficacité maximale, mais si notre vitalité est faible, notre système immunitaire sera moins capable d’une action défensive, même s’il a en mémoire les antigènes qu’il rencontre.

      La clé du renforcement de notre système immunitaire ne réside pas dans la création d’une mémoire immunitaire pour toujours contre des antigènes spécifiques, le corps peut reconnaître un antigène (substance étrangère) grâce à son intelligence innée. La clé du renforcement de notre système immunitaire réside dans l’élévation de notre vitalité.

« Le corps a ses propres méthodes de défense. Celles-ci dépendent de la vitalité de l’organisme à ce moment-là. S’il a une vitalité suffisante, il résistera à toutes les infections, s’il a une vitalité insuffisante, il ne le pourra pas, et vous ne pourrez pas améliorer la vitalité de l’organisme en introduisant dedans un poison quelconque. »
Dr William Howard Hay (1937)

Nouveau vaccin contre la toux !

      Vous avez entendu parler du nouveau vaccin contre la toux ? Ouais ! Ouais ! Garanti à 100% sans danger et efficace. Faites vous vacciner avec, et la prochaine fois que vous aurez un truc coincé dans la gorge, au lieu de l’évacuer en toussant, vous serez foutu et crèverez en vous étouffant !

      Ça paraît vachement inepte ? Eh bien, ce n’est pas plus saugrenu que de se faire vacciner pour empêcher la rougeole, la varicelle et les autres maladies. Pourquoi ? Parce que la rougeole, la varicelle et les autres maladies ont le même objectif que la toux : éliminer les matières étrangères et blessantes du système pour préserver la santé.

      Pensez-y…

On ne peut pas construire une maison de brique sans briques

      Chaque année, l’Organisation mondiale de la santé, parrainée par Big Pharma, va dans les pays du tiers monde et vaccine des millions d’enfants souffrant de malnutrition pour les protéger contre la rougeole, la poliomyélite, la coqueluche et les autres maladies. À ceux qui approuveraient ces campagnes, je pose une question.

      La vaccination a pour but de stimuler le système immunitaire du corps pour qu’il crée des anticorps qui soi-disant luttent contre des microbes. Maintenant, pour que le corps crée des anticorps, il a besoin de protéines, puisque c’est ce dont sont faits les anticorps. Alors ma question est : Comment le corps d’un enfant souffrant de malnutrition peut-il créer des anticorps ? Les enfants dénutris sont déficients en protéine, ils n’ont pas de protéine pour créer des anticorps. Ils souffrent d’une affection connue sous le nom de kwashiorkor, qui signifie carence protéique.

      Croire que vacciner un enfant dénutri stimulera la production d’anticorps de son système immunitaire, c’est croire qu’on peut construire une maison de brique sans briques !

« …et la malnutrition est considérée comme une indication supplémentaire pour vacciner les enfants. »
British Medical Journal, 22/9/90, p. 593.

Le système immunitaire – Son vrai rôle

      Si le rôle de notre système immunitaire est de lutter contre les germes, une question évidente se pose : Avant tout, comment se fait-il que nous portions des germes ? Pourquoi notre système immunitaire ne se bat-il pas contre tous les germes, de sorte que nous soyons exempts de germes ? Si le système immunitaire était conçu pour nous protéger contre la polio, le tétanos, la diphtérie et les autres soi-disant microbes à l’origine des maladies, pourquoi le système immunitaire de la majorité des gens porteurs de ces germes ne prend aucune mesure défensive (aucun anticorps n’est produit), et pourquoi ces gens restent malgré tout parfaitement bien portants ?

      Il n’y a qu’une seule réponse logique à ces questions : Notre système immunitaire n’est pas conçu pour combattre les microbes car, en réalité, les germes ne sont pas nos ennemis, mais nos amis. Leur objectif réel est de consommer les déchets à l’intérieur de notre corps, et donc de faciliter le travail important consistant à garder l’organisme propre. La véritable relation entre l’homme et le germe n’est pas une guerre ouverte, mais une coexistence pacifique, une relation que la biologie désigne sous le nom de symbiose.

« …quand des germes se trouvent dans un corps malade, ce n’est pas qu’ils sont venus de l’extérieur et ont provoqué la maladie. C’est parce qu’ils se sont développés à partir de cellules en décomposition dans l’organisme, et ont un rôle important à jouer en aidant à gérer les déchets et la destruction amenés par les sérums, les médicaments et les autres poisons introduits dans le corps depuis l’extérieur. »
Eleanor McBean, « The Poisoned Needle » (L’aiguille empoisonnée). [*]

      Quel est donc le véritable rôle de notre système immunitaire ? Notre système immunitaire est constitué de millions de globules blancs et d’anticorps qui sont conçus pour agglutiner, engloutir et en fin de compte détruire les protéines étrangères, les excrétions bactériennes et les autres substances nocives. En d’autres termes, le véritable rôle du système immunitaire n’est pas de lutter contre les microbes, mais de débarrasser l’organisme des matières étrangères nocives et d’aider ainsi à l’importante tâche de préserver la santé physiologique.

Vaccins sans danger – Qu’est-ce que ça veut dire ?

      De nombreux groupes d’éducation parentaux ont demandé aux autorités médicales de fabriquer des vaccins sans danger. Comme je pense personnellement que les vaccins ne marchent pas, je ne peux pas m’empêcher de demander : Qu’est-ce que ça veut dire ?

      Délaissant cette question, je voudrais expliquer pourquoi je crois que c’est une impossibilité physiologique de fabriquer des vaccins sans danger. Les vaccins, de par leur nature même, doivent toujours contenir des matières étrangères dans le but de susciter une réponse immunitaire. Toute matière étrangère présente dans le corps est toujours potentiellement dangereuse, car, si l’organisme ne peut pas la supprimer ou l’éliminer, sa rétention dans le corps ne fera pas qu’épuiser sa vitalité et compromettre son fonctionnement normal, elle provoquera aussi la dégénérescence progressive des tissus environnants et fera ainsi apparaître des maladies chroniques.

      Les vaccins ne peuvent jamais être rendus inoffensifs pour la simple raison que les matières même dont ils sont faits sont toujours de nature toxique, et donc dangereuses pour la santé humaine. Essayer de faire un vaccin sans risque, c’est comme essayer de faire de l’arsenic à déguster inoffensif !

      Pour reprendre les paroles du Dr James R. Shannon, ancien directeur du National Institute of Health des États-Unis, « Le seul vaccin sans danger, c’est celui qui ne sert jamais. »

Maladies infectieuses – Une expression impropre

      Le terme de maladie infectieuse implique que nous attrapons la maladie d’une autre personne. Ainsi, par exemple, nous chopons le rhume de quelqu’un. En réalité, nous n’attrapons pas le rhume de quelqu’un, nous développons un rhume à cause de notre niveau d’intoxication interne.

      Quand un enfant développe la rougeole, la varicelle, la coqueluche ou l’une des autres maladies infantiles, ce n’est pas parce qu’il a contracté un germe extérieur à lui, les enfants sont tout le temps exposés aux germes associés à ces maladies. Le développement de ces affections survient quand le niveau d’intoxication de l’enfant atteint un niveau critique, car c’est à ce moment que l’organisme doit prendre des mesures d’urgence pour réduire sa charge toxique.

      Je ne dis pas en ce moment que les microbes associés à ces affections ne peuvent pas se transmettre d’enfant à enfant, mais plutôt que le développement de la maladie chez l’enfant dépend moins de la virulence du germe que des conditions internes de son organisme. Ainsi, par exemple, si un enfant dont le corps est en bonne santé attrape le germe de la rougeole, il ne développera pas la rougeole. Maintenant, si la rougeole se déclare chez un enfant, ce n’est toujours pas à cause du germe, mais en raison du niveau d’intoxication interne de cet enfant. Ne pas oublier que la rougeole, comme toute maladie infantile, représente une crise de désintoxication aiguë.

      En ce qui concerne les autres soi-disant maladies infectieuses, comme le SIDA, l’hépatite, l’herpès, la lèpre, la tuberculose, etc, leur développement n’est pas déterminé par la présence d’un germe ou d’un virus, mais par les conditions internes du corps. Cela explique pourquoi parmi les millions de gens porteurs de germes et de virus associés à ces maladies, seule une infime fraction d’entre eux en viennent à développer ces affections.

      L’expression maladie infectieuse est impropre car il implique que la maladie peut se transmettre de personne à personne, alors qu’en réalité, la maladie ne vient pas du dehors mais de l’intérieur.

« Nous pouvons diagnostiquer des symptômes, comme les oreillons, la rougeole, le catarrhe, le cancer, la variole, etc, tout comme nous nommons les divers produits du sol, comme le blé, le maïs, l’avoine, les nombreux types de graminées, de mauvaises herbes, d’arbres, etc, mais indépendamment des noms arbitraires des symptômes apparents, tous viennent du centre et d’une unique cause. »
G Clements « The Unity and Simplicity of Disease » (L’unité et la simplicité de la maladie).

Pour aller plus loin (en anglais) :
SIDA – Divergences de vues

À quoi joue Big Pharma ?

      Premièrement, ils vous font croire qu’il existe tout un tas de germes qui peuvent vous tuer. Ou s’ils ne vous tuent pas, ils provoqueront des complications et des souffrances horribles pendant longtemps.

      Deuxièmement, ils vous font croire que, malgré votre bonne santé, si vous contractez l’un de ces germes, vous tomberez facilement malade et en mourrez. En d’autres termes, ils vous font croire que rien ne protège la santé.

      Troisièmement, ils vous font croire que le seul moyen de vous protéger, que votre unique chance de survivre, dépend de leurs médicaments et vaccins que vous devez acheter.

      La stratégie de marketing la plus efficace sur notre planète, consiste à convaincre le chaland que, s’il n’achète pas la marchandise il va crever !

Hépatite – La guérison du foie

      Le foie est le plus grand organe de désintoxication du corps. L’un de ses rôles principaux consiste à décomposer les déchets azotés et les autres substances toxiques. La bonne exécution de la fonction hépatique est avant tout dépendante de la vitalité intrinsèque et de la charge toxique de l’organisme.

      Chez les alcooliques, les toxicomanes, les gens dénutris et intoxiqués, et ceux qui présentent un dysfonctionnement hépatique, le niveau d’intoxication du foie peut souvent dépasser sa capacité de désintoxication naturelle, entraînant ainsi une toxicité hépatique. Cet état est potentiellement dangereux car, si rien n’est fait, il peut entraîner en fin de compte la destruction du foie, la cirrhose et le cancer.

      Quand une toxicité hépatique se manifeste, tant que la vitalité de l’organisme est suffisante, il tentera des mesures correctives sous forme d’inflammation du foie, un état que les autorités médicales appellent hépatite. Le but de l’inflammation est de réduire le niveau d’intoxication du foie et de procéder à sa guérison et à sa remise en état. Ce que je suis donc en train de dire, c’est que l’hépatite n’est pas la maladie, en fait, c’est la guérison.

« La réaction inflammatoire est essentielle à la survie de l’organisme. Elle est nécessaire au maintien de l’homéostasie en cas de blessure, et sans elle l’organisme ne pourrait survivre. »
Ronald Raven, Foundation of Medicine

Cet article est une compilation partielle du site Vaccination Debate :
http://www.vaclib.org/sites/debate/
Traduction copyleft de Pétrus Lombard

Notes du traducteur

      [*] Le rôle symbiotique des micro-organismes dans la maladie est évident pour qui connaît la découverte des microzymas d’Antoine Béchamp à l’époque de Pasteur. Cette découverte, refaite périodiquement et nommée autrement par d’autres chercheurs, n’est jamais répercutée par la presse spécialisée et tombe ainsi à chaque fois dans l’oubli. C’est dommage car elle démontre l’ineptie du concept vaccinal et le rôle néfaste des « remèdes » modernes, qui agissent en fin de compte en contrecarrant les processus de défense naturels de l’organisme. Pour en savoir plus à ce sujet, voir par exemple :

– Vaccins et vaccination – Les vaccins catastrophes :
www.jpchapuis.net/TextesInfo/InfoVaccins.pdf

– Le pléomorphisme ou la « nouvelle » biologie :
www.sortir-autrement.com/N0401/Sortir-Autrement-Numero-1.pdf (1ère partie en page 7 de la revue)
www.sortir-autrement.com/N0402/Sortir-Autrement-Numero-2.pdf (2ème partie en page 5)

– Les microzymas : de la conception évolutionniste à celle de l’acte créateur :
www.sortir-autrement.com/N0408/Sortir-Autrement-Numero-8.pdf (page 7 de la revue)

– Le fonctionnement des microzymas au cours des pathologies et maladies :
www.sortir-autrement.com/N0409/Sortir-Autrement-Numero-9.pdf (page 4 de la revue)

Rétablissement naturel des maladies

      L’article ci-dessus nous a montré clairement que la maladie ordinaire est une condition mise en place par l’organisme pour éliminer les déchets toxiques qui l’encombrent. Ce processus nécessite cependant pour se dérouler correctement un minimum de ressources en vitamines et oligo-éléments, qui est normalement apporté par l’alimentation naturelle. Quand l’organisme dispose de ces éléments, il se rétablit tout seul au repos en quelques jours.

Santé et longévité

      Comme on s’en doute quand on n’est pas influencé par la science-fiction médicale moderne, à laquelle on entend parfois attribuer la longévité de l’Occidental moyen, la bonne santé et la durée de vie dépendent seulement des conditions d’hygiène générales : accès à l’eau potable, alimentation équilibrée et naturelle (non raffinée et non carencée, ce qui est difficile en ville et avec l’agriculture moderne), air et environnement sains, et activité physique raisonnable pour entretenir toutes les fonctions corporelles.

L’industrie de la maladie se créé un marché grâce à la complicité intéressée des autorités

      Depuis Louis Pasteur, la médecine moderne a créé une réalité mythique qui lui permet d’exploiter la souffrance humaine en toute impunité. Ce business se poursuit grâce à la complicité des autorités, qui n’autorisent même pas le recours collectif en justice, pour que la population ne puisse pas se défendre efficacement contre les compagnies.

      On sait que de mirobolants accords, classés secret défense dans le cas de l’épidémie inexistante de grippe porcine, sont passés entre le gouvernement et les compagnies pharmaceutiques, et que chaque année, le gouvernement creuse le trou de Sécurité Sociale pour vacciner gratuitement les vieux « contre la grippe. » On sait aussi que l’Afssaps, l’organisme de contrôle des médicaments, interdit de temps en temps l’usage d’une plante peu onéreuse et inoffensive de l’herboristerie traditionnelle, par exemple le millepertuis, car elle fait de l’ombre à une spécialité médicale chère et dangereuse. L’Afssaps retarde aussi le retrait de « remèdes » avérés être dangereux, homologue en toute connaissance de cause, comme cela découle de son rapport Le mercure des amalgames dentaires, des produits contenant des poisons violents, et ne s’oppose pas du tout à la vaccination des gens avec des soupes purulentes empoisonnées au mercure, au squalène, à l’aluminium… Comme le mercure, en particulier, même en dose infinitésimale, détruit le système nerveux et inhibe la plupart des réactions métaboliques en supplantant l’oligo-élément métallique catalyseur, il est avec d’autres métaux lourds à l’origine de toutes les maladies dégénératives invalidantes modernes, et d’une population diminuée qui constitue le bétail d’un immense marché médical.

Une médecine entre des mains de psychopathes

      Après tout ce qui est exposé ici, ceux qui croient encore au rôle bienfaiteur de l’institution médicale moderne et donnent au Téléthon, devraient se renseigner sur l’affaire André Gernez, le pompon en matière de trahison gouvernementale. En résumé, à la fin des années 60, ce médecin conventionnel mit au point un protocole palliatif peu onéreux permettant de vaincre le cancer dans 94% des cas. D’abord accueilli avec enthousiasme, ce protocole ne fut en fin de compte pas mis en œuvre, car, c’est ce qui fut dit à l’époque, il risquait d’augmenter de sept ans la moyenne de la vie des gens et Big Pharma ne ferait plus de profits.

      Il existe plusieurs vidéos sur Internet. Il faut rechercher « André Gernez » avec Google et cliquer ensuite dans la rubrique vidéos de la page qui s’affiche. On trouvera par exemple :
www.dailymotion.com/video/x975e5_dr-andre-gernez-le-scandale-du-siec_tech
www.dailymotion.com/video/x5zyur_le-cancer-y-une-affaire-rentable_news

 

Source : http://www.alterinfo.net/Le-peuple-microbien-le-faux-ennemi_a41498.html

Dette, Droits de l’homme et Migrations

Dette, Droits de l’homme et Migrations

26 décembre 2006 par Roseline Péluchon , Véronique Racine

 

Selon le credo de l’économie mondialisée et libérale, les marchandises doivent pouvoir circuler librement dans un monde « ouvert ». Il n’en est pas de même pour les humains et l’actualité nous en donne la preuve régulièrement. La dette et les plans d’ajustement structurel qui en ont été la conséquence, ont déstructuré les économies et la vie sociale des pays qui en sont les victimes, au mépris des plus élémentaires droits de l’Homme. Dans cet exposé nous établissons le lien entre la dette et les migrations et, si nous demandons une annulation totale et inconditionnelle de la dette, nous nous positionnons aussi fermement pour la liberté de chacun de circuler et de s’installer à l’endroit de son choix.

HISTORIQUE DE LA DETTE

Qu’est-ce que la dette, quel est le rôle des institutions financières internationales et des Etats du Nord ?
La dette est un outil dont se servent les institutions financières internationales et les Etats du Nord pour imposer une même logique économique et financière qui génère et maintient dans une extrême pauvreté des régions entières qui possèdent pourtant d’énormes richesses. Elle est la conséquence de choix géopolitiques ou géostratégiques des pays riches afin de subordonner les pays pauvres à l’idéologie dominante.

La dette totale de l’ensemble des pays en voie de développement est de 2800M$, pour 85% de la population mondiale, c’est à dire 5 milliards d’individus. Il faut mettre cette somme en parallèle avec le montant de la dette des USA qui est 36 000 Milliards $ pour 300 millions d’individus, et la dette totale mondiale est de 60 000 milliards de dolloars. On voit donc que la dette des pays en voie de développement est une somme dérisoire en matière de finance mondiale et pourtant la dette et les institutions financières internationales tuent en masse : selon le PNUD, 30000 enfants meurent chaque jour de causes qui auraient pu être évitées s’ils avaient eu accès aux soins.

Les pays du Sud ont été poussés à s’endetter dans les années 60 et 70 sous la pression de 3 acteurs : les banques, les institutions financières internationales et les Etats du Nord. Chacun d’eux avait intérêt à ce qu’ils s’endettent.

Dans les années 60, les banques occidentales regorgent d’eurodollars issus du plan Marshall,pour lesquels elles recherchent des débouchés : les Pays du Sud sont justement à la recherche de fonds pour financer leur développement, notamment les pays d’Afrique qui viennent d’acquérir leur indépendance et les pays d’Amérique latine. Au moment du choc pétrolier de 1973, les pays producteurs de pétrole placeront leurs dollars dans les banques occidentales qui prêteront aussi ces pétrodollars aux pays du Sud. Ces prêts des banques privées aux pays du Sud constituent la part privée de la dette.
Au même moment, le choc pétrolier provoque une période de récession dans les pays du Nord. Le chômage et la baisse du pouvoir d’achat font que les marchandises produites au Nord ont du mal à trouver des acheteurs. Les pays riches décident alors de prêter aux pays du Sud afin de trouver des débouchés à leurs marchandises. C’est le plus souvent une aide liée : un pays du Nord prête à un pays du Sud qui en échange lui achète ses marchandises. C’est la part bilatérale de la dette, dette d’Etat à Etat.
Enfin, le troisième acteur de la dette est la Banque Mondiale. Fondée en 1944, elle passe en 1968 sous la présidence de Robert McNamara. Celui-ci va utiliser la Banque Mondiale pour contrecarrer l’influence soviétique et les tentatives nationalistes que l’on voit naître dans certains pays nouvellement indépendants.De 1968 à 1973, la Banque mondiale va accorder davantage de prêts que pendant toute la période 1945-1968. Ces prêts sont accordés pour soutenir les alliés stratégiques des Etats Unis(Mobutu au Zaïre, Suharto en Indonésie, les dictatures au Brésil puis en Argentine et au Chili), ou pour soumettre les pays qui tenteraient d’obtenir leur indépendance économique (Nasser en Egypte, Sukarno en Indonésie…). Ils constituent la part multilatérale de la dette.

Au tournant des années 80, les règles du jeu vont changer et précipiter les pays du Sud dans la crise de la dette.
Fin 1979, Paul Volcker, le directeur de la Réserve Fédérale américaine,décide une forte augmentation des taux d’intérêt américains afin de relancer la machine économique américaine en attirant les capitaux. Les pays du Sud avaient emprunté à des taux faibles, mais indexés aux taux américains, et voient brusquement leurs taux d’intérêt passer de 4-5% dans les années 70 à 16-18%. A la même période, les cours des matières premières s’effondrent. Afin de rembourser les prêts, les pays du Sud doivent se procurer des devises par leurs exportations. Ils produisent de plus en plus pour exporter plus : café, cacao, coton, sucre, minerais, etc… arrivent en masse sur le marché mondial, en même temps que la récession au Nord diminue la demande provoquant une baisse des cours.
La hausse des taux d’intérêt décrétée unilatéralement au nord et l’effondrement des cours des matières premières, ont précipité les pays endettés dans la crise de la dette.
Dès 1982, 14 pays se déclarent en cessation de paiement, c’est à dire incapables à la fois de gérer leur quotidien et de rembourser leur dette. A ce moment les 7 pays les plus riches de la planète mandatent le Fond monétaire international, institution financière issue des accords de Bretton Woods comme la Banque mondiale, pour qu’il mette en place les moyens pour assurer les remboursements : ce sont les fameux Plans d’ajustement structurel.
Il est important de noter qu’au sein des institutions financières internationales, les 9 pays les plus riches ont 50% des voix (dont plus de 15% pour les USA, ce qui leur octroie une minorité de blocage) tandis que les 45 pays africains se partagent à eux tous environ 5% des voix ! Les Etats du Nord sont donc bien les vrais décideurs au sein des institutions financières internationales.

La dette a été le prétexte pour imposer aux pays du Sud les plans d’ajustement structurel qui ont semé misère et pauvreté et ont déstructuré toute organisation collective et sociale.

PRINCIPALES MESURES CONTENUES DANS LES PLANS D’AJUSTEMENT STRUCTUREL ET CONSEQUENCES SUR LES DROITS DE L’HOMME

Rappelons d’abord 3 articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Article 25

Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

Article 26

Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire. L’enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.
Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.

Article 28

Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

Les objectifs poursuivis par les programmes dits d’ajustement peuvent se résumer ainsi : assurer le paiement régulier de la dette, ouvrir tous les domaines d’activité d’un pays aux relations marchandes et au capitaux étrangers, prémunir les transnationales contre toute mesure de nationalisation et contre toute contrainte spécifique imposée par un pays donné. Mais nulle attention à la satisfaction des besoins élémentaires des citoyens concernés. De plus, les mêmes « recettes » sont appliquées à l’échelle planétaire, sans tenir compte des différences de conjonctures, économique, historique, ou politique des pays concernés. Nous allons détailler ces mesures.

1. Abandon des subventions aux produits et services de première nécessité

Le Fond monétaire international et la Banque mondiale exigent la suppression des subventions qui permettent de maintenir à un prix abordable pour les plus pauvres la nourriture de base et d’autres biens et services vitaux. Le prix des aliments de base (huile, sucre, riz, lait, etc…) augmente, ainsi que celui du combustible servant à leur préparation mais aussi à l’acheminement vers les marchés des produits agricoles dont les prix de vente répercutent cette hausse. Cela compromet donc le droit à l’alimentation et l’accès à l’eau potable.
On a ainsi assisté en 91 au Pérou à une multiplication par 12 du prix du pain en une nuit ; en Zambie en 86, le prix des denrées alimentaires a été augmenté de 120%. Ces mesures sont à l’origine de nombreuses « émeutes de la faim »,en 89 au Venezuela ou en Jordanie, en 91 au Pérou, en 99 en Côte d’Ivoire, en 2005 au Niger.

2. Diminution drastique des dépenses publiques afin d’atteindre l’équilibre budgétaire

C’est ce que l’on appelle en France « mesures d’austérité budgétaire », frappant toutes les catégories de dépenses publiques : coupes franches dans les budgets sociaux (éducation, santé, logements, infrastructures), gel des salaires et licenciements dans la fonction publique. Les institutions financières internationales insistent sur le principe de « recouvrement des coûts » auprès des utilisateurs des services publics et au désengagement de l’Etat par rapport aux services de base, la santé et l’éducation. Un rapport de l’UNESCO de 1996 montre qu’en Afrique Subsaharienne, le pourcentage d’enfants de 6 à 12 ans scolarisés est tombé de 55% en 79 à 45% en 95.
Et pourtant l’article 26 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme stipule que toute personne dispose du droit à l’éducation.
Réduction donc des budgets sociaux, mais pendant ce temps, les Etats continuent à payer la dette, et l’on arrive à des répartitions budgétaires telles que 40% du budget des pays en voie de développement sont consacrés au service de la dette contre 4 à 15% aux services sociaux de base.

Cela compromet aussi le droit à la santé, au logement et à un emploi. De plus, en imposant leurs choix économiques aux pays, les institutions financières internationales privent leur population de leur droit à la souveraineté.

3. Dévaluation de la monnaie

La dévaluation a pour fonction de rendre les produits locaux qui sont exportés moins chers et donc plus compétitifs sur le marché mondial. Cependant, pour récupérer la même quantité de devises, il faut vendre davantage, ce qui profite surtout aux grandes plantations commerciales ou aux exportateurs agro-industriels. D’autre part, il se peut que plusieurs pays effectuent la même opération en même temps, se mettant en concurrence et gommant les gains qui auraient pu être obtenus. Dans le même temps, la dévaluation fait que les produits importés deviennent plus chers, les rendant inabordables aux plus démunis. De plus, on a pu voir que ces dévaluations constituent un encouragement à la spéculation contre la monnaie nationale : les riches vendent la monnaie nationale pour acheter des devises ou placent les capitaux à l’étranger avant la dévaluation, pour les rapatrier après, engrangeant les bénéfices.

4. Augmentation des taux d’intérêt pour attirer les capitaux étrangers

Le problème est que, le pays étant en crise, les capitaux étrangers ne viennent pas, ou alors viennent en vue d’une spéculation à court terme,ce qui peut entraîner, en cas de spéculation immobilière, une hausse des prix des logements ou des terrains, limitant encore l’accès au logement.
D’autre part, les petits producteurs ou les petites entreprises qui empruntent pour acheter leurs semences, herbicides, machineries,etc… voient leur capacité d’emprunt diminuée, ce qui entraîne une chute de la production, ou se voient étranglés par des prêts impossibles à rembourser, ce qui entraîne des faillites et donc augmente le chômage.

5. Production agricole tournée vers l’exportation au détriment des cultures vivrières

Pour se procurer les devises nécessaires au remboursement de la dette, les pays en voie de développement doivent accroître leurs exportations et sont incités à abandonner les cultures vivrières traditionnelles destinées à l’alimentation des populations. Elles sont remplacées par un ou quelques produits agricoles d’exportation (soja, café, cacao), ou une ou quelques richesses minières ou l’exploitation d’une activité primaire comme la pêche. Dans 20 pays africains, 1 seul produit de base compte pour 60% des exportations. La fragilité de l’économie s’en trouve accrue car dépendante du cours de cette ressource sur le marché mondial. Et localement, l’abandon des cultures vivrières traditionnelles accroît les déséquilibres alimentaires. Il est frappant de noter que selon le dernier rapport de la FAO, les paysans sont les plus touchés par la malnutrition (« 70% de ceux qui ont faim dans le monde vivent en milieu rural » selon la FAO).

D’autre part la recherche d’un accroissement continu de la production (pour faire entrer les devises, pour rembourser la dette) entraîne des dégâts écologiques tels la déforestation, l’érosion des sols et l’atteinte à la biodiversité, ceci constitue une atteinte au droit à un environnement sain.

Les taux moyens de croissance annuelle de la production vivrière par habitant ont été négatifs entre 1979 et 1997. Un exemple l’illustre parfaitement : au Malawi, qui était autrefois un exportateur net de produits alimentaires, la production de maïs a chuté de 40 % en 1992, mais la production de tabac a doublé entre 1986 et 1993.

6. Ouverture totale des marchés par la suppression des barrières douanières

Le but officiel est de favoriser les consommateurs en faisant baisser les prix sur le marché local. Mais en fait cela permet surtout aux multinationales étrangères mieux armées financièrement et technologiquement, souvent subventionnées dans leur pays d’origine, de conquérir des parts de marché et de s’imposer, provoquant la disparition des producteurs locaux. Un exemple : depuis 1999, les importations de poulets congelés en provenance d’Europe augmentent chaque année de près de 20% en Afrique, entraînant la ruine des petits producteurs locaux.

Le mouvement paysan international Via Campesina réclame le droit des populations à définir leur politique agricole et alimentaire, incluant le choix d’une agriculture respectueuse des besoins des populations et de l’environnement.

7. Libéralisation de l’économie, suppression du contrôle des mouvements de capitaux et du contrôle des changes

Elle vise à ouvrir totalement les économies des pays en voie de développement aux investissements, aux produits et services des multinationales des pays du Nord, afin de répondre à leurs desiderata de produire ce qu’elles veulent, où elles veulent et de rapatrier leurs bénéfices sans aucun obstacle et sans aucune retenue.
Rapatriements vers les banques du Nord des profits par les multinationales implantées dans les pays en voie de développement, mais aussi « délocalisations » des capitaux des riches des pays en voie de développement vers les pays du Nord, au lieu de les investir dans les économies locales, création de « bulles » spéculatives boursières ou immobilières comme en Asie du Sud Est dans les années 90. Dès les premières difficultés économiques, les capitaux repartent, en déstabilisant le pays qu’ils fuient.

Elles favorisent aussi les mouvements de fonds en rapport avec les activités illégales et criminelles (et parmi elles, le trafic des êtres humains dont le chiffre d’affaire annuel est estimé à plus de 12 millions d’euros). Le blanchiment de l’argent sale est facilité par ces réformes. Bel exploit pour des institutions financières internationales qui prônent la lutte contre la corruption !

A titre de comparaison, en 2003, ces rapatriements de profits par les filiales de multinationales installées en Afrique subsaharienne vers leur maison mère se sont élevés à presque autant que l’ensemble des investissements étrangers sur le continent (8,5 milliards de dollars). Elles reprennent d’une main ce qu’elles donnent de l’autre… Ceci revient à l’appropriation des matières premières par les multinationales : pour citer un exemple, la compagnie TOTAL FINA ELF rapporte 12 milliards d’euros à l’Europe, ce qui représente le double des subventions de l’aide au développement.

8. Adoption d’une TVA élevée qui aggrave encore les inégalités

La suppression de barrières douanières diminue les recettes fiscales de l’Etat, qui adopte alors une fiscalité élargie : abandon de la progressivité de l’impôt, TVA généralisée pénalisant une fois encore les plus pauvres et baisse de l’impôt sur les sociétés. Les augmentations de la TVA sont régulièrement à l’origine d’émeutes anti-FMI |1|.

9. Privatisation massive des entreprises publiques et en particulier les secteurs dits rentables

Cette privatisation est toujours liée à la renégociation de la dette. Elle consiste surtout en une vente à prix bradés des entreprises publiques, profitant aux multinationales ou aux proches du pouvoir. L’argent récolté passe directement au remboursement de la dette au lieu d’être mis au service des besoins de la population. Ces ventes au privé s’accompagnent de licenciements massifs et de réduction des services essentiels auxquels les populations avaient accès (chemins de fer, soins de santé, eau potable…).
Point crucial, l’État perd le contrôle d’éléments stratégiques pour le développement et pour le bien-être des populations locales.

En conclusion, citons un extrait du rapport de Fantu Cheru, expert indépendant à la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU en 1999 :
« Il y a près de deux décennies que l’application à grande échelle de Plan d’ajustement structurel a débuté d’un bout à l’autre du Sud, et 20 ans constituent une période assez longue pour qu’on puisse avoir une idée de leur efficacité en terme de développement socioéconomique global. L’expérience montre que les politiques d’ajustement structurel ne sont pas compatibles avec les impératifs du développement à long terme des pays en développement. Les faits réfutent l’argument de la Banque mondiale et du Fond monétaire international selon lequel les Plans d’ajustement structurel font reculer la misère et renforcent la démocratie. Au contraire, les Plans d’ajustement structurel ont été conçus selon les principes du laisser-faire qui privilégient, au détriment des libertés civiles et de l’autogestion, l’efficience, la productivité et les groupes participant au commerce d’exportation et à l’échange international. D’un continent à l’autre le bilan est le même : malgré deux décennies de politiques d’austérité, aucun des pays qui s’y sont soumis n’a connu de retournement ; les niveaux de vie de la majorité a fortement diminué. La réforme était nécessaire pour donner satisfaction à des créanciers extérieurs qui exigeaient que le service de la dette soit assuré mais n’a pas profité à un développement axés sur l’être humain. La plupart ont au contraire replongé dans des inégalités croissantes, la dégradation écologique, la désindustrialisation et la misère. »

Malgré les objectifs officiels des prêts d’ajustement, la dette a augmenté et les données recueillies montrent que les Plans d’ajustement structurel compromettent les droits humains fondamentaux sociaux, économiques et politiques (dont le droit au travail, à l’alimentation, au logement, à la santé ,à l’éducation et au développement). La dette et les Plans d’ajustement structurel ont donc des effets désastreux sur les conditions de vie des populations du sud et alimentent ainsi les flux migratoires.

MIGRATION ET MODELE ECONOMIQUE

Même si les migrations ont aussi d’autres motivations, culturelles par exemple, elles sont essentiellement liées au modèle économique qui résulte de l’action des institutions financières internationales, par l’intermédiaire de la dette. Voici comment :

Les migrations existent depuis l’aube de l’humanité et l’économie mondiale ne serait pas ce qu’elle est sans les migrations : migrations de peuplement d’abord, migration forcée de l’esclavage, migration « chair à canon » dans la lutte contre le nazisme par exemple et migration des travailleurs enfin, que l’on allait chercher dans leurs villages pour servir l’agriculture, l’industrie ou reconstruire l’Europe après la guerre. Ce n’est qu’avec la récession économique mondiale que les migrations ont été considérées comme un problème.

Nous rappelons que l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme stipule : 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat, 2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Principaux mouvements migratoires : régions d’origine, régions de destination

Nous nous sommes appuyées sur le rapport de la Commission Mondiale sur les Migrations Internationales 2005 (dont le travail a servi de support à Kofi Annan pour l’ONU) et le dernier rapport du Haut-Commissariat aux Réfugiés intitulé « Réfugiés – Tendances mondiales en 2005 », du 9 juin 2006.

En 2005, le nombre de migrants atteindrait, dans le monde, 200 millions, soit 2 fois plus qu’il y a 25 ans mais à peine 3% de la population mondiale.

Ce chiffre est en augmentation très rapide (82 millions en 1970, 175 millions en 2000), et plus rapide que celle de la population mondiale, ce qui signifie que le fait migratoire n’est pas lié à la seule démographie. La proportion de femmes a considérablement augmenté ces dernières années, elles représentent actuellement 50% des migrants.

Si 60% d’entre eux vivent dans les régions développées, 40% restent donc dans des régions peu développées ; cela signifie que « nous n’accueillons pas toute la misère du monde » contrairement à ce suggérait un homme politique français il y a quelques années pour justifier sa politique d’immigration.

L’Europe est le premier continent d’immigration (UE 18% des migrants plus ancienne URSS 17%) mais la proportion vivant en Amérique du Nord augmente, l’attraction de l’Europe diminue.

Les migrants se répartissent de la façon suivante :
- 56,1 millions vivent en Europe (y compris ancienne URSS) ; ils représentent ainsi 7,7% de la population européenne
- 49 millions en Asie
- 40 millions en Amérique du nord, représentant 13% de la population
- 16 millions en Afrique
- 6 millions en Amérique latine
- 5,8 millions en Australie

Le pourcentage de migrants vivant en Amérique du Nord et dans l’ancienne URSS a augmenté de 1970 à 2000 mais a baissé dans les autres régions du monde (passant de 23% à 18% des migrants en Europe).

Les principaux pays d’émigration sont la Chine (35 millions d’émigrants), l’Inde (20 millions) et les Philippines (7 millions).
Les principaux pays d’accueil sont les USA (20% des migrants du monde), la Fédération de Russie et l’Allemagne.

Principaux motifs de migration

« Officiellement, on distingue trois motifs de migrations : le regroupement familial, l’asile politique et le travail. Dans la pratique, les raisons familiales, économiques et politiques se mélangent souvent. Et il ne faut pas oublier que les populations les plus pauvres des pays les plus pauvres ne migrent pas car elles n’en n’ont pas les moyens. »
Il faudrait ajouter un autre motif qui n’est pas encore reconnu comme une cause « officielle » de migration mais qui ne manquera pas de l’être hélas, dans les années à venir : ce sont les causes écologiques.

1. Le regroupement familial

C’est un droit stipulé dans l’article 16 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « La famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’Etat ».
L’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme dispose pour sa part que « toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ».
Ces personnes viennent donc rejoindre le plus souvent, un membre de leur famille qui a migré pour une raison économique ou politique.

2. Les migrations pour motifs politiques, liées à des régimes répressifs, à des guerres ou à des déplacements forcés

Selon le HCR, le nombre de personnes déracinées a approché en 2005 les 21 millions. Au cours des 20 dernières années, c’est l’Afghanistan qui a produit le plus grand nombre de réfugiés et c’est l’Iran qui a accueilli le plus grand nombre de demandeurs d’asiles (4,5 millions), suivi par le Pakistan. Fin 2005, à eux deux, ces pays hébergeaient 1 réfugié sur 5 dans le monde. Beaucoup de demandeurs d’asiles viennent de pays en voie de développement et sont accueillis pour les 3/4 par d’autres pays en voie de développement. Le dernier rapport du HCR note une baisse de 14% des demandes d’asile dans les pays industrialisés par rapport à l’année dernière. L’Europe ne reçoit qu’1/3 des demandes d’asile, mais reste en tête des demandes dans les pays industrialisés, devant l’Amérique du Nord. Les demandeurs sont principalement originaires de Chine, d’Irak, de Serbie-Monténégro, de Russie, et de Turquie.

Deux points à noter : on voit d’une part que ces demandeurs d’asile sont originaires de zones de conflits armés ou de dictatures et ne sont pas des migrants économiques comme les discours officiels voudraient nous le faire croire, et d’autre part on constate aussi qu’ils ne sont pas originaires des zones de conflits situés dans les régions les plus pauvres comme la République démocratique du Congo ou l’Angola. Disons le une fois encore, nous n’accueillons pas toute la misère du monde !

Le rapport du HCR signale une augmentation du nombre de « déplacés internes », personnes vivant dans des situations similaires à celles des réfugiés mais dans leur propre pays : 6,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leurs frontières nationales. La Colombie à elle seule compte 2 millions de déplacés. Et on pense bien entendu au Soudan, où fin 2005 le HCR dénombrait 842 000 déplacés.

Il faut rappeler ici le soutien des Institutions financières internationales aux dictatures, que ce soit en Amérique latine (Argentine, Chili…) en Afrique (Mobutu) ou en Asie. En Indonésie, la Banque mondiale a soutenu le projet de transmigration de Suharto qui a déplacé plusieurs millions de personnes, provoquant d’irréversibles dégâts humains et écologiques |2|.

3. Les migrations économiques ont deux origines

La dégradation des conditions de vie d’abord : avec les programmes d’ajustement structurel, le démantèlement des services publics, les privatisations, les « restructurations », toutes ces mesures entraînent une augmentation massive du chômage dans les pays concernés. Les dévaluations, augmentation de la TVA, suppression des subventions aux produits de bases, entraînant une hausse importante du coût de la vie, rendant inaccessibles un certain nombre de biens de premières nécessités. De plus, la dégradation du système scolaire détruit tout espoir pour les familles de voir leurs enfants accéder à une vie meilleure et enfin, la dégradation des systèmes de santé réduit considérablement l’espérance de vie.
Pour absorber la main d’oeuvre rurale, la CNUCED (Conférence des nations Unies pour le Commerce et le Développement) insiste sur l’appropriation des technologies. En 2000, on estime que les adultes des PMA avaient été scolarisés trois ans en moyenne. Moins que dans les pays en développement en 1960.

L’accroissement des inégalités entre le Nord et le Sud ensuite : il est démontré, même à partir des indices économiques dominants.
Selon le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), en 1975, le PIB par habitant dans les pays industrialisés était de 41 fois celui des pays à faible revenu, en 2005 il est de 66 fois supérieur !

En 2000, le PIB/habitant était de :
- Asie du Sud : 2 740$
- Europe de l’Est : 7 500$
- Amérique Latine : 6 990$
- Afrique du Nord : 5 370$
- Afrique Subsaharienne : 1750$
- Pays industrialisés : 28 500$

D’autre part, les 20% les plus riches possèdent 74% du revenu mondial tandis que les 20% les plus pauvres se partagent 2% du revenu mondial.
Enfin, soulignons aussi que plus de 550 millions de travailleurs vivent avec moins de 1$ par jour (au nord, malgré le coût élevé de la vie, les migrants gagnent 20 à 30 fois plus que chez eux).

On ne peut parler des migrations économiques sans évoquer le trafic des êtres humains, qui concernerait entre 700 000 et 2 millions de victimes et comprend les trafics de femmes et de mineurs, le proxénétisme ainsi que la traite de main d’oeuvre illégale. Il constituerait l’une des activités les plus rentables du crime organisé, avec des recettes appréciées à 12 milliards de dollars par an, trafic facilité bien entendu par le maintien des paradis fiscaux et du secret bancaire.

4. Les migrations écologiques

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe se penchait récemment sur la question et estimait que « les migrations des réfugiés écologiques pourraient devenir l’un des plus grands défis démographiques du XXI siècle », avançant des chiffres de 25 millions de personnes concernées d’ici 2010.

Parmi les dégradations de l’environnement qui génèrent des déplacements de population on trouve : la déforestation, la désertification et la pollution qui sont le résultat, entre autre, d’une agriculture productiviste destinée à l’exportation. Certains dirigeants acceptent même les déchets toxiques des multinationales du Nord et empoisonnent ainsi l’avenir de leur population alors même que celle-ci est déjà privée des moyens de se soigner.

Ensuite, il y a les catastrophes dites « naturelles » dont le nombre a augmenté car elles sont en partie liées au modèle de développement actuel. On constate qu’elles font plus de victimes et de dégâts dans les pays pauvres car ils sont privés des différents moyens de prévenir et de se protéger de ces évènements.

Parmi les causes de déplacements, il y a aussi la construction de certaines infrastructures énergétiques (grands barrages, oéloducs…) qui sont des aberrations écologiques, financés là aussi par la Banque mondiale. Ces désordres écologiques sont liés aux choix politico-économiques mondiaux. Ils sont donc aussi les révélateurs de l’échec de ce modèle néolibéral.

CONCLUSION

L’évolution des migrations est pour l’essentiel liée au modèle économique néolibéral imposé au monde par les institutions financières internationales et la dette est l’outil dont elles se servent pour soumettre les populations à cette logique perverse. La preuve est que pour 1 dollar emprunté par les pays en voie de développement en 1980, ils en ont remboursé 11 à ce jour et en doivent encore 4 ! Par ailleurs, nous tenons à rappeler que les migrants ont envoyé 167 milliards de dollars vers leurs pays d’origine en 2005 ce qui représente une fois et demie l’Aide Publique au Développement mondiale.

Il faut donc annuler totalement et inconditionnellement la dette et les Plans d’ajustement structurels afin de redonner aux populations les moyens de se développer et de s’épanouir comme elles le désirent et là où elles le désirent. Notre propos n’est pas d’annuler la dette en vue de lutter contre les migrations que nous réaffirmons être un droit humain fondamental. Le phénomène migratoire est un thème sensible car il soulève des questions complexes identitaires et sociétales, et c’est la raison pour laquelle il est instrumentalisé par le personnel politique, en particulier à chaque campagne électorale.
La trop fameuse « maîtrise des flux migratoires » sert de prétexte à des pratiques discriminatoires, xénophobes et racistes mais, ne tombons pas dans le piège : la convergence entre la mondialisation, la dette et l’accroissement des migrations doit nous amener à nous interroger en priorité sur la logique même de ce système économique.

 

Notes

|1| comme au Ghana où son introduction au printemps 1995 a entraîné une hausse des prix de 60 % environ, ou au Niger en 2005

|2| cf La politique du FMI et de la BM à l’égard de l’Indonésie entre 1947 et 2003